Une Charogne

Des éléments d’analyse sur le poème « Une Charogne ».

Mots-clé du cours

memento mori, Éros et Thanatos, oxymore, esthétique de la laideur.

Introduction

C. Baudelaire, né en 1821 et mort en 1867, est à la croisée des mouvements : romantisme, le Parnasse, le symbolisme s’est rendu célèbre grâce à l’écriture de son recueil poétique les Fleurs du mal. Un petit nombre de poèmes qu’on regroupe sous le titre des « Épaves »  sera censuré par le régime du Second Empire lors de la parution du recueil. Une seconde publication en 1861 verra le jour avec l’intégralité du recueil. Titre oxymorique,  le titre les Fleurs du mal est l’expression de la tension interne qui sous-tend le recueil, l’oscillation perpétuelle entre Spleen et Idéal. Le Spleen, mot anglais, désigne la mélancolie dont est atteint le poète et trouve son étymologie dans la médecine grecque d’Aristote qui identifie la bile noire produite par le foie à la tristesse.
« Une Charogne » 29ème poème de la section « Spleen et Idéal » est composé de 12 quatrains d’alexandrins et d’octosyllabes en rimes croisées. Baudelaire détourne la poésie amoureuse traditionnelle pour proposer un Memento mori original qui fait d’un objet prosaïque et laid une oeuvre esthétique.

Questions type bac

Comment Baudelaire renouvelle-t-il la vision de la beauté dans « une Charogne » ?
En quoi ce poème est-il lyrique ?
En quoi ce poème est-il moderne ?
Pourquoi peut-on dire que ce poème est un Memento mori ?

Axes de lecture

Memento mori
Un détournement de la poésie amoureuse traditionnelle
Esthétique de la laideur
Éros et Thanathos
Une description macabre réaliste
Ironie au service du cynisme baudelairien

Ouvertures

ouverture littéraire : Ronsard, Sonnets pour Hélène, « Je n’ai plus que les os », « Quand vous serez bien vieille », 1578.
les Amours de Cassandre, « Mignonne, allons voir si la rose », 1553.
Bouvard et Pétuchet, 1881.

Bouvard et Pécuchet découvrent une charogne au détour d’un sentier :

« Ils voulurent faire comme autrefois une promenade dans les champs, allèrent très loin, se perdirent. – De petits nuages moutonnaient dans le ciel, le vent balançait les clochettes des avoines, le long d’un pré un ruisseau murmurait, quand tout à coup une odeur infecte les arrêta. Et ils virent sur des cailloux, entre des ronces, la charogne d’un chien.     Les quatre membres étaient desséchés. Le rictus de la gueule découvrait sous des babines bleuâtres des crocs d’ivoire. À la place du ventre, c’était un amas de couleur terreuse, et qui semblait palpiter tant grouillait dessus la vermine. Elle s’agitait, frappée par le soleil, sous le bourdonnement des mouches, dans cette intolérable odeur, une odeur féroce et comme dévorante. »

Dans l’un des avants-textes, Flaubert a noté en marge « éviter Baudelaire » en proposant un tableau prosaïque et non érotisé de la charogne.

ouverture philosophique : pour Platon le vrai, le bien et le beau valeurs concordantes qui seront au fondement de l’esthétique contrairement aux romantiques et Hugo pour qui « le laid peut être beau »

ouverture artistique : Soutine, boeuf écorché, 1925.

 

Un complément de cours d’un professeur de lettres sur « Une charogne ».

 

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