Ma Bohème de Rimbaud

Axes de lecture de Ma Bohème de Rimbaud

Je poétique

Le “je” poétique est présent dans le titre et dans le poème sous la forme du pronom “je” et de det possessifs.Ce “je” poétique évoque la figure du poète-marcheur, libre de toute contrainte dans la nature.le titre évoque la liberté : le terme “bohème” renvoie au bohémiens (nomades vivant dans une roulotte), une forme de liberté hors la société.

Le poète ici est assimilé à la figure du voyageur voire du vagabond (voir le vocabulaire du dénuement “crevées” “unique” “trou”, “blessé”…)

On retrouve le vocabulaire classique de la poésie et de la question de l’inspiration avec l’expression “que d’amours splendides j’ai rêvées”. de “muse”. Le je poétique est au service de la poésie puisque riment féal et idéal. On peut y voir dans le terme idéal une référenc à la poétique baudelairienne qu’affectionnait particulièrement RImbaud.

 

la musicalité

Le lyrisme est présent particulièrement dans le dernier tercet puisqu’il est fait directement référence à la lyre, symbole de la poésie (lyre d’Orphée offert par Apollon, qui charme le monde avec ses notes envoûtantes). La lyre est assimilée dans la comparaison à ses élastiques de souliers. La musicalité dans ma bohème provient donc du rythme de la marche. La marche est source de cadence poétique.

C’est un sonnet régulier en alexandrins qui comporte des rejets, notamment celui très intéressant “des rimes” qui révolutionne le rythme poétique car les phrases débordent le mètre. On parle de phénomène de discordance (Verlaine parlera lui de phénomème de dissonance dans son art poétique).

Chez Rimbaud, la poésie sera un dérèglement de tous les sens et on peut dans “des lyres” y voir un jeu de mots qui rappelle le goût de Rimbaud pour l’ivresse, c’est à dire un regard différent sur le monde empreint d’une forme de liberté, de magie.

 

Structure du sonnet : Entre marche et contemplation poétique

Si on observe la structure du sonnet, on peut (ce qui est très traditionnel) le couper en deux : la partie quatrains qui évoque la fugue dans la nature rythmée par le verbe de mouvement “allais” qui s’oppose aux deux tercets dans lesquels le poète est davantage dans la contemplation de la nature avec des verbes de sensation. Il est en communion avec la nature “écoutais” “sentais”.

Le dernier vers, chute du sonnet, synthétise l’ensemble du poème puisque c’est à ce moment que Rimbaud réunit la musique avec le mot pied qui a un double sens. Il évoque à la fois “la marche” et la syllabe. De plus souliers blessés est un hypallage puisque ce n’est pas le soulier qui est blessé mais son coeur. On se retrouve dans l’essence du lyrisme, à savoir la musicalité au service des sentiments.

Il ne faut oublier de travailler dans ce sonnet toutes les indications de lieux qui renvoient à la nature et au voyage qui annoncent déjà l’errance symboliste du bateau ivre.

 

Un poème comme une expérience sensible

Avec le terme “fantastique”, on est encore dans des références à la poésie romantique lyrique et gothique. mais les correspondances et le rêve sont deux thématiques symbolistes à retenir.

“Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou” ce vers renvoie aux synesthésies que Baudelaire avait déjà annoncé dans les “Correspondances”. A travers ce vocabulaire enfantin “frou-frou” qui renvoie au toucher et à l’ouïe à la fois, Rimbaud donne aux étoiles guides du voyageur une signification symboliste en y mêlant les différents sens.

Ce poème baigne le lecteur dans une atmosphère enfantine et onirique. Nous sommes dans l’univers d’un petit poucet rêveur. Rimbaud dans ce poème est au centre de plusieurs influences.