L’Ingénu, chapitre I

L’Ingénu de Voltaire publié en 1767 anonymement. Voltaire ne réclame pas la paternité de ses contes philosophiques pour éviter la censure. L’Ingénu est une antonomase. Il fait un nom propre à partir d’un nom commun, comme Candide.

Le conte philosophique est un apologue philosophique. C’est une fable qui délivre un message philosophique. Rappeler l’affaire Calas et l’importance de la justice pour Voltaire. 

Voltaire suit la mode du dernier tiers du XVIIIème siècle : la littérature sensible et la tragédie larmoyante. Voltaire était célèbre pour ses tragédies qui visaient à émouvoir le public. 

Hypothèse de lecture : Un incipit construit sur une opposition des personnages qui traduit le combat de Voltaire contre l’intolérance et l’injustice. 

L1-5 : réelle opposition entre le huron et le bailli : liberté contre prison

L’étonnement du bailli face au huron  qui est un ignorant. 

Le texte montre une réelle opposition entre le huron et le bailli : les personnages sont présentés différemment. Le bailli est un personnage qui représente la justice qui n’agit pour Voltaire que sous la torture ( grâce à la périphrase  et l’hyperbole ironique : « le plus grand  questionneur de la province »). Une défiance naturelle envers les étrangers caractérise ce personnage (l.1). Voltaire montre l’importance du voyage et de la tolérance. 

le huron est l’Ingénu, à la fois naïf comme Candide mais également libre de toute contrainte.

L 6-10 :Le huron et l’esprit de tolérance des Anglais 

Voltaire prend parti pour l’Angleterre (lettres anglaises, 1735). Une guerre oppose les anglais et les français en 89 sous le règne de Louis XIV. Voltaire à travers le personnage du huron glorifie les anglais. Les anglais traitent leur prisonniers avec bienveillance. Ils lui laissent le choix (renvoie à l’habeas corpus : ne pas être condamné sans jugement). On retrouve dans le goût pour le voyage du Huron qui renforce grâce à ce portrait mélioratif la stupidité du bailli. Le huron représente une idée phare des lumières, la liberté

L 11-16 : Une inflexion pathétique du texte 

Ce paragraphe introduit une tonalité pathétique et dramatique. Le huron est orphelin et l’incipit anticipe la reconnaissance du huron par sa famille. Encore une fois les personnages du bailli et du huron s’opposent : la vilenie contre le courage.

L17-fin :  le portrait du philosophe à travers l’Ingénu 

Le dialogue se poursuit selon le même mode que précédemment. Le bailli pose une question auquel répond le huron. Ici on voit en germe les éléments de la suite du récit continuer à se mettre en place. Après la thématique de la filiation, des anglais, vient la thématique protestante. Ici c’est un protestant français exilé en Angleterre qui va enseigner le français au Huron, comme Gordon enseignera l’ensemble des connaissances en prison. On voit à nouveau la question du traitement des prisonniers qui semble humaniste. Le français enseigne la langue au huron durant sa captivité. Le texte se termine par une plaisanterie voltairienne sur l’inquisition religieuse et la justice.