Incipit de l’Écume des jours

Lecture analytique de l’incipit de l’Écume des jours

Introduction :

 Un univers merveilleux , féerique , absurde est fantastique

le merveilleux est toujours beau , n’importe quelle merveilleux est beau , il n’y a même que le merveilleux qui soit beau. André Bretons.
L’écume des jours est un roman de Boris Vian considéré aussi comme un compte , ce roman est publié en 1947 , une période d’après guerre. Boris Vian né le 10 mars 1920 , et mort le 23 juin 1959 est un écrivain français, poète ,parolier ,chanteur critique et musicien de jazz. C’est aussi un ingénieur de l’école centrale de Paris.
Nous allons étudier l’incipit du roman avec comme problématique , « comment dans la vie quotidienne Boris Vian fait-il ressortir l’univers du merveilleux? »
Avec une description de la vie quotidienne réelle du personnage ,de colin , suivie d’un univers merveilleux absurde avec des métaphores et des personnifications .

A) La description au service du bonheur du personnage:
Ce texte se présente comme un incipit conventionnel il introduit le personnage et le décrit plus physiquement que moralement. Il est définit de façon détaillée « cheveux clairs » «paupières mates »«tête ronde »«oreilles plates »«nez droit »etc.
Plusieurs parties du corps sont évoquées accompagnées d’un adjectif. De plus on peut noter l’expression « le blond qui joue le rôle de Slim dans Hollywood canteen » comparant colin avec un acteur de film américain. Pour introduire l’absurde on observe un véritable culte du corps avec le champ lexical du jardinage :«laboureurs »«tailla »«repousser »«pulvérisé».
Boris Vian injecte certaines caractéristiques de sa personnalité de manière surprenante par exemple , il associe de façon contrasté des notions physiques et morales ; « il était assez grand ,mince avec de longues jambes et très gentil »
Boris Vian insère des éléments précis de son quotidiens . On remarque aussi une description morale enfantine; « d’un sourire de bébé »«très gentil».

B) Malgré cet aspect réaliste Boris Vian dissimule des éléments d’un univers fantastique , notamment grâce aux objets prenant vie par l’intermédiaire de procédés d’écriture comme la personnification; « le tapis se mit à baver » il y a aussi de nombreuses métaphores; « les souris de la cuisine dansaient sur les sons de la lumière ». La lumière est représenté sous une forme sonore et non visuele . Il y a aussi un jeu de mot avec les rayons du soleil qui rappelle les sillons des vinyles dans la musique du jazz. La lumière «pulvérisé »rappelle un univers merveilleux et absurde , car on ne peut pas toucher la lumière .C’est une métaphorisation de la lumière qui renvoie au jazz .

 L’univers merveilleux obéit à ses propres lois il introduit dans le texte une logique à laquelle le lecteur doit se souscrire pour que l’effet magique se produise.

Idée de description au service du bonheur du personnage très importante dans cet incipit

Le portrait de Colin (toujours positif avec la présence d’hyperboles) et de la maison

Thématique de la couleur =) reflète l’état d’âme de la maison

Lexique des couleurs des vêtements, de la maison,…

La question de l’enfance

Le roman débute de manière in medias res, ainsi on place le
lecteur au milieu d’une scène puisque Colin est en train de finir sa
toilette quotidienne. Nous pouvons constater qu’il est d’une humeur
joyeuse grâce à la comparaison « Son peigne d’ambre divisa la masse
soyeuse en longs filets orange pareils aux sillons que le gai
laboureur trace à l’aide d’une fourchette dans de la confiture
d’abricots » qui met en place des termes de la gaieté. Cette humeur
sera d’autant plus accentuée par l’hyperbole « il était presque
toujours de bonne humeur ». Sa joie et son habitat sont en parfaite
harmonie, en correspondance avec son état d’âme. En effet nous pouvons
souligner un champ lexical mélioratif de l’éclat et de la clarté :
« claire »; »un soleil brillait »; »la lumière »; »des soleils »; »rayons de
soleil »;…
Les couleurs dominantes sont le jaune, l’orange, l’or et le blanc
évoquant la lumière. Colin vit dans un monde ultra moderne et luxueux
qui accentue la présence de lumière. Ainsi le lecteur découvre un
jeune homme oisif, dispensé de travail et de soucis matériel. Pour
autant le héros n’a pas de passé portant importance au récit, il est
réduit à un seul prénom : Colin.
Seule chose que nous savons de lui, il n’est pas encore tout à fait
adulte, il reste attaché à son enfance. Ceci est constatable lorsque
est faite la comparaison : « d’un sourire de bébé » ainsi que la
personnification : « Quelques comédons saillaient aux alentours des
ailes du nez. En se voyant si laids dans le miroir grossissant, ils
rentrèrent prestement sous la peau […]. ».
Ainsi, comme tout début de roman, le narrateur présente le lieu, les
personnages du roman et annonce l’histoire à venir, celle d’un
adolescent insouciant passant à une vie d’adulte tragique.

Univers merveilleux, féerique, absurde, fantastique

Travail sur les métaphores et les personnifications

Axe de lecture : Jazz et roman

Comment Boris Vian évoque-t-il la culture jazz à travers son incipit ?

1/ Musicalité et lyrisme

  • Enumération des actions quotidiennes de Colin =) « Il prit à l’étagère »,  « Colin reposa le peigne », « Il alluma la petite lampe » =) création d’un rythme par Boris Vian
  • Allitération en –f =) « long filet », « fourchette », « confiture » =) musicalité
  • Anaphore =) « il » =) Boris Vian procède à une description qui prend la forme d’une énumération =) rythme
  • Adjectifs =) « doucement », « joyeusement » =) qualifient le son de sa voix =) renvoie à une musicalité
  • Métaphore « les souris de la cuisine aimaient danser au son des chocs des rayons  » =) la lumière est représentée sous une forme sonore et non visuelle =) les rayons du soleil semblent évoqués les sillons des vinyles =) évocation de la musique (jazz) =) métaphorisation de la lumière qui renvoie au jazz

2/ La musicalité des couleurs

  • Champ lexical des couleurs cuivrées =) « abricot », « ambre », « gros cérame jaune clair », « filet orange » =) référence aux cuivres qui sont des instruments de musique
  • « Les jeux de soleils sur les robinets produisaient des effets féeriques » =) la lumière est associée à un son
  • Comparaison =) « long filet orange pareil aux sillons » =) renvoie aux sillons d’un disque vinyle

 

3) Le jazz est présent du début jusqu’à la fin (pas dans le décor mais dans les personnages )= Chick ( inspiré de Jason Chicago, ville du jazz)
Couleurs= “jaunes Claire”, “ambre”, “doré” évoque par métonymie les cuivres d’un orchestre de jazz.
Jeux de mots avec le lecteur // “entendais” = entendre de la musique  // “ le jeux” des souris et celui des musiciens
“Produisait des effets frénétiques” comme un musicien qui jour de la musique.

Le style de Boris Vian

ð  Oppositions

ð  Ecriture banale

ð  Les adjectifs =) qualifient le nom

Comment l’incipit présente un univers enfantin ?

Comment l’incipit présente un personnage innocent dans un roman d’apprentissage ?

Comment Boris Vian joue-t-il avec le langage ?

ð  BV joue toujours avec le double sens des mots

I/ LE STYLE DE BORIS VIAN

–          Métaphore « les souris de la cuisine… » =) la lumière est représentée sous une forme sonore et non visuelle =) les rayons du soleil semblent évoqués les sillons des vinyles =) évocation de la musique (jazz)

Jeu de mots sur les rayons du soleil

Concret/abstrait =) impression de pouvoir toucher cette lumière =) monde merveilleux et absurde à la fois

Métaphorisation de la lumière qui renvoie au jazz

–          Jeu de mots =) « vert d’eau très profonde »

BV joue sur le langage et le déforme en l’utilisant au sens propre et figuré

–          Personnifications du tapis=) rendent l’univers de BV merveilleux parce que les éléments du réel sont personnifiés

–          Adjectifs de couleurs

–          Ecriture banale =) langage peu soutenu / phrases simples =) écriture absurde =) syllogisme = proposition logique

Possibilité d’ouverture : Salvatore Dali ou Magritte

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